Petite histoire du sac à main

Histoire sac à main selon Modèle Particulier, sac en cuir personnalisable

Si essentiel que vous oublieriez plus facilement votre tête que ce précieux accessoire, le sac à main s’est pourtant invité récemment dans nos vies. Et d’accessoire, justement, il s’est fait… indispensable ! Tentez cette petite expérience : assis à la terrasse d’un café, comptez les femmes sans sac à main qui passent dans la rue… Alors ? Zéro ? Étonnant… Pour comprendre la raison de cet engouement qui peut aller jusqu’au déraisonnable, Modèle Particulier vous propose une petite histoire du sac à main.

Le sac à main à l’époque du Moyen-Âge

De tout temps… non, de tout temps, la femme n’a pas porté un sac à main, mais de tout temps, l’homme a porté des choses. De toute sorte. Avec seulement deux mains. Lorsqu’est apparue la monnaie, notamment, dans la haute Antiquité, la nécessité de prévoir un moyen de la transporter s’est très vite fait sentir. Et dès la Grèce antique, on relève l’existence de bourses de cuir, qui se portaient à la main, s’attachaient au poignet ou à la ceinture. La bourse, en effet, pallie l’absence de la poche, qui n’a pas encore été inventée ! Le cuir est tout naturellement le matériau de cet ancêtre du sac à main : beau, souple et solide, on peut sans risque lui confier son petit pactole. Mais il est rare de le porter soi-même : cette tâche est plutôt dévolue à l’esclave, qui trotte sur les pas de son maître ou de sa maîtresse. Voyager les mains vides est, en quelque sorte, un signe de liberté.

sac aumoniere moyen age

Au haut Moyen-Âge, la bourse devient peu à peu un symbole de richesse et un accessoire vestimentaire, comme en témoigne la châtelaine, petite poche très décorative portée à la ceinture. Il y a aussi l’escarcelle, parfois agrémentée d’un fermoir, et l’aumônière, normalement prévue pour transporter la monnaie de l’aumône. La ballantine, quant à elle, se porte à la main car elle est équipée d’anses.

Ces divers accessoires sont très populaires, et portés par les hommes comme par les femmes. De cuir ou de tissu, ils sont utilisés par toutes les couches de la population pour transporter clefs, argent, bijoux mais aussi outils, nourriture, etc.

Le sac à main éclipsé à la Renaissance

À la Renaissance, si le sac à main ne disparaît pas, il se fait quasi invisible. La mode, en effet, est aux robes volumineuses et aux culottes bouffantes qui peuvent abriter dans leurs plis toutes sortes de poches atteignables par des fentes pratiquées dans le vêtement. Si les mains sont ainsi libérées, l’ampleur des toilettes permet malgré tout d’emporter partout une foule de petits objets indispensables ; mouchoirs, monnaie, éventails, miroirs…

Le sac à main, cependant, ne tarde pas à revenir ; sortant de sous les jupons, il conquiert la gent féminine vers la fin du xviiie siècle, réalisé le plus souvent en tissus précieux et richement brodé, et parfois assorti à la tenue de l’élégante. C’est aussi le retour de la châtelaine, qui désigne alors un accessoire de métal précieux fixé à la ceinture auquel l’on peut accrocher toutes sortes d’objets, de la bourse aux clefs en passant par des accessoires purement décoratifs.

sac bourse Renaissance

Le sac à main, objet de luxe

La mode empire marque une rupture esthétique qui répond aux soubresauts politiques de l’époque : l’Antiquité est à la mode, la robe féminine se fait étroite, légère, vaporeuse, et la taille grimpe jusque sous la poitrine : difficile dès lors de cacher quoique ce soit sous ce vêtement déjà très dénudé. Le sac à main, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, fait alors son apparition. Richement brodé, orné de pierres précieuses, il et tout à la fois utilitaire et signe extérieur de position sociale. Toujours assorti à la tenue, il est parfois réalisé dans le même tissu que la robe de l’élégante.

Le xixe siècle voit aussi l’émergence d’une pratique nouvelle, le tourisme : la noblesse européenne se déplaçait déjà beaucoup, mais le voyage pratiqué dans le simple but de visiter et découvrir se développe alors, en même temps que l’art de la bagagerie. Celle-ci, dont Louis Vuitton, sous le Second Empire, est un créateur emblématique, propose toute une palette de bagages en cuir et inspire le sac à main de dame, qui s’agrandit et adopte le cuir à côté du tissu, toujours très présent. Dès lors, le sac à main, qui se porte réellement à la main ou au poignet et non encore sur l’épaule, connaît un véritable succès.

Au tournant du xxe siècle, les coquettes jettent volontiers leur dévolu sur de petits réticules de maille métallique, richement ornée de perles et de pierres, qui se portent au bout d’une petite chaîne. La tapisserie est aussi très recherchée. Et puis, rapidement, fourrures, peaux et plumes font leur entrée sur la scène de la mode. Le crocodile, le serpent ou le lézard emportent un vif succès après la Première Guerre mondiale.

Avec les années folles, de nouveau, les tenues se font plus légères, moins féminines et le sac gagne en discrétion. La minaudière rigide, qui contient à peine un rouge à lèvres et un étui à cigarettes, fait son apparition. Équipée d’un fermoir, elle comporte un anneau à passer au poignet ou au doigt, ou bien se tient plus simplement à la main. La chaîne qui agrémente certaines n’est pas encore destinée à être portée sur l’épaule, mais plutôt à être enroulée autour du poignet. Sur le plan esthétique, la vague Art déco impose formes géométriques, couleurs contrastées, lignes audacieuses.

sac bourse antiquité

Le sac à main à la conquête du quotidien

Avec la crise des années trente, le sac à main quitte le statut d’objet de prestige pour gagner celui d’accessoire du quotidien. Adopté par presque toutes les femmes qui, depuis la guerre, sont fort nombreuses à travailler, il se veut pratique avant tout. La bandoulière fait son apparition, inspirée des cartouchières et des besaces militaires. En effet, le vestiaire militaire, éternelle source d’inspiration de la mode, influence également la maroquinerie. En témoignent l’usage désormais privilégié du cuir et le goût pour les poches façon gibecière.

sac à main début XX

Le sac à main, qui est désormais bien souvent un sac « à épaule », s’il reste un accessoire soumis aux fantaisies des créateurs, a toutefois gagné le statut d’élément indispensable du vestiaire féminin. Car contrairement à la bourse des origines, il peine à conquérir le public masculin, malgré quelques tentatives souvent renouvelées et rarement couronnées de succès.

Aujourd’hui, formes, matières, couleurs, tout est possible en maroquinerie. Tout, sauf une chose : une femme sans sac à main !